
Maçonnerie Charente-Maritime : pierre, arases et génoises
Maçonnerie de pierre en Charente-Maritime : arases, génoises, souches et rejointoiement à la chaux sur le bâti ancien de La Rochelle à Rochefort.
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Une fois la couverture déposée, le mur apparaît tel qu’il est. Sur le bâti ancien de Charente-Maritime, un chantier de toiture s’arrête souvent net sur une arase pulvérulente, une génoise descellée ou une souche de cheminée dont les joints ont disparu. Le calcaire de Saintonge, tendre et poreux, encaisse mal plusieurs hivers d’eau mal évacuée : une descente percée le long d’un pignon suffit à faire feuilleter la pierre sur trente centimètres de hauteur. Voici ce qui relève de la maçonnerie de pierre traditionnelle dans le département : les postes liés au toit, les techniques admises sur le bâti ancien et les repères de coût avant de demander un devis.
Ce que la dépose de la couverture révèle sur les murs

Le parc bâti du 17 mélange des matériaux qui vieillissent à des vitesses très différentes. Les maisons d’armateurs en pierre de taille du quartier du Palais à La Rochelle, les immeubles du damier de Rochefort autour de l’arsenal et de la Corderie Royale, les corps de ferme laitiers de la plaine d’Aunis, les maisons rétaises à tuile canal claire d’Ars-en-Ré ou de Loix : partout, la même logique de construction. Le mur porte, le toit protège, et l’eau doit partir vite.
Quand la couverture vieillit, ce trio se déséquilibre. Une tuile de rive descellée laisse le vent de suroît pousser la pluie sous les liteaux, et l’eau ruisselle alors sur le haut du mur, là où la maçonnerie est la moins protégée. En quelques saisons, le mortier de hourdage se sablonne et l’arase perd sa cohésion. Sur les versants nord chargés de mousses et de lichens, le phénomène s’accélère : la pierre reste humide plusieurs jours après une averse, et les cycles de gel et de dégel de janvier terminent le travail.
Les pierres gélives se reconnaissent à leur feuilletage. La surface se détache en plaques fines et laisse apparaître un cœur farineux que l’ongle raye sans effort. Sur les façades exposées aux embruns, le sel cristallise dans la porosité du calcaire et provoque le même éclatement. Les tempêtes Martin en 1999 puis Xynthia en février 2010 ont révélé des désordres qui couvaient parfois depuis vingt ans derrière un chéneau bouché.
Un diagnostic de couverture sérieux regarde toujours les trois derniers mètres de mur sous la gouttière. Une réfection de toiture chiffrée sans cette inspection expose à une découverte en cours de chantier, avec un avenant à la clé et un échafaudage à prolonger.
Arases, génoises et souches de cheminée, les postes liés au toit
Quatre familles d’ouvrages reviennent presque systématiquement quand un chantier de couverture bascule vers la maçonnerie.
L’arase de mur d’abord : c’est le couronnement horizontal sur lequel reposent la sablière et les premiers rangs de tuiles. Un scellement de rive refait à neuf ne tient jamais sur une arase friable. Il faut purger la zone dégradée, reprendre au mortier de chaux, parfois recaler des pierres avant de reposer la charpente.
La génoise ensuite. Ce débord de deux, trois ou quatre rangs de tuiles canal noyés dans le mortier caractérise une grande partie des façades charentaises. Elle se dégrade par le haut, quand l’eau stagne derrière une gouttière mal pentée, et se répare rang par rang, en réemployant des tuiles anciennes saines pour conserver la teinte.
La corniche moulurée des demeures bourgeoises du XIXe et des villas Belle Époque de Châtelaillon-Plage demande un autre savoir-faire : profil à retrouver, pierre de taille à greffer, calepinage à respecter. En secteur sauvegardé rochelais, l’avis des Architectes des Bâtiments de France encadre la teinte du mortier comme la finition des joints.
La souche de cheminée, enfin, cumule les contraintes. Exposée sur ses quatre faces, elle prend le vent, la pluie battante et le sel. Quand les joints sont creusés de plus de deux centimètres et que le solin se décolle, un démontage soigné avec repérage des pierres, puis un remontage à la chaux, revient moins cher à long terme qu’une reprise de surface refaite tous les cinq ans.
| Poste de maçonnerie | Signes qui l’imposent | Intervention courante | Fourchette indicative 2026 |
|---|---|---|---|
| Arase de mur et scellement de rive | Mortier sableux, tuiles de rive qui bougent | Purge, reprise au mortier de chaux, recalage de pierres | 60 à 130 € / ml |
| Génoise de 2 à 4 rangs | Tuiles descellées, coulures sous le débord | Dépose rang par rang, remontage avec tuiles de réemploi | 90 à 200 € / ml |
| Souche de cheminée | Joints creusés, pierre feuilletée, solin décollé | Démontage repéré, remontage à la chaux, solin repris | 700 à 2 000 € par souche |
| Pierres gélives en façade | Éclats en plaques, cœur farineux | Ragréage à la chaux ou remplacement pierre par pierre | 120 à 350 € par pierre posée |
| Rejointoiement de mur en pierre | Joints creux, végétation enracinée dans le mur | Dégarnissage, brossage, joints garnis en deux passes | 45 à 90 € / m² |
Ces ordres de grandeur valent pour un accès normal depuis un échafaudage de pied. La hauteur du mur, l’exposition, le linéaire à traiter et l’état réel des pierres déplacent le curseur, et seule une visite sur site transforme une estimation en prix.
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Chaux, pierre de remplacement et rejointoiement sur le bâti ancien
Un mur ancien de Charente-Maritime respire. Monté en pierre calcaire hourdée à la chaux et au sable, sans coupure de capillarité, il évacue son humidité par les joints. Le ciment gris appliqué en rejointoiement bloque cette évacuation : l’eau contourne le joint, ressort par la pierre et la détruit de l’intérieur. Beaucoup de désordres constatés aujourd’hui sur des pignons de Marans, de Surgères ou de Tonnay-Charente viennent de reprises au ciment faites dans les années 1970.
La règle admise reste la chaux naturelle, hydraulique pour les ouvrages exposés comme les arases et les souches, aérienne pour les finitions de façade abritée. Le sable doit venir d’une carrière régionale pour retrouver la teinte blonde du calcaire local, et le joint se termine brossé, légèrement en retrait du nu de la pierre, jamais en relief ni lissé à la truelle.
Le rejointoiement suit un ordre précis : dégarnissage des joints creux sur deux à trois centimètres, dépoussiérage, humidification du support, remplissage en deux passes, brossage au moment de la prise. Bâclé, il tient trois ans. Bien conduit, il traverse une génération.
Le remplacement des pierres obéit à la même logique de compatibilité. Une pierre neuve trop dure fait éclater ses voisines au premier hiver. On cherche un calcaire de dureté comparable, on respecte le sens du lit de carrière, et on limite l’intervention aux éléments réellement perdus. Le reste se conserve, quitte à accepter une patine irrégulière : c’est ce qui distingue une restauration d’un ravalement. Ces arbitrages recoupent directement le travail de charpente et de pierre, puisque reprendre une arase sans vérifier l’appui des fermes revient à traiter un symptôme.
Faire intervenir maçon et couvreur dans le bon ordre

L’ordre des interventions pèse lourd sur le budget final. Sur un chantier mêlant toiture et pierre, la séquence logique reste la suivante : dépose de la couverture, mise hors d’eau provisoire, reprise des arases et des souches, remise en état de la charpente si nécessaire, repose des tuiles, puis finition des génoises et des joints par l’extérieur, échafaudage encore en place. Repousser la maçonnerie de quelques mois oblige à remonter un échafaudage complet, poste qui pèse plusieurs centaines d’euros à lui seul.
La question de la zinguerie et des gouttières se règle dans le même mouvement. C’est presque toujours une descente percée, un chéneau sous-dimensionné ou une naissance bouchée qui a détruit le mur. Refaire la pierre sans corriger l’évacuation revient à programmer le prochain chantier.
Les configurations changent d’une commune à l’autre. Sur l’Île de Ré, les murs blancs à joints fins et les contraintes patrimoniales autour des fortifications Vauban de Saint-Martin imposent des finitions très surveillées. À Rochefort, la trame régulière du damier facilite les reprises linéaires, et un maçon à Rochefort travaille souvent sur des immeubles mitoyens où l’accès conditionne le planning autant que la technique. Dans l’Aunis, à Marans, à Surgères ou le long du canal vers La Rochelle, les corps de ferme demandent des linéaires importants, avec des pignons hauts très exposés au vent d’ouest.
Décrire précisément la situation, hauteur du mur, exposition, nature des désordres et état de la couverture, permet aux professionnels partenaires de proposer un chiffrage utile plutôt qu’une estimation à l’aveugle. Deux ou trois devis comparés sur la même base, métré, liant employé et traitement des points singuliers, restent la meilleure façon de juger un prix et surtout la méthode proposée. Demander les attestations d’assurance à jour avant signature relève du même réflexe.